Monument aux morts

Travail mémoriel sur les soldats morts pour la France originaires de la commune d'Albières


"Dans le cadre d’un groupe de travail mémoriel, suscité et animé par l’association Protection du Patrimoine-Art-Culture et Tradition d’Albières, j’ai été pour ma part chargé d’une recherche sur les Morts pour la France de la commune à partir des archives disponibles.
Francis Bascou a été désigné pour négocier ultérieurement avec les graveurs sur marbre la matérialisation de la plaque commémorative. Amina Hoffmann, Martine Arthozoul et Yolande Géral se chargeant elles de l’aspect organisationnel de l’opération."

"Découvrez ci-dessous la liste des soldats nés à Albières et morts pour la France durant la guerre de1914-1918. Pour chacun, nous avons essayé de reconstituer le parcours militaire et les circonstances de leur décès, ainsi que le lieu de leur sépulture lorsque cela était possible."

Jacques Abitan

MORTS pour la France 1914-1918


Né à Albières en 1888 : il est élevé par sa mère seule et devient agriculteur. Mobilisé le 3 août 1914 il tombe à l’ennemi le 18 août 1914 à Dieuze.
L'ordre de marche de son régiment, le 142° RIT, nous relate que ce jour-là, lors d'une offensive, les soldats français, sortis d'un bois, ont été fauchés par les mitrailleuses allemandes alors qu'ils étaient à découvert.
Il semblerait qu’à la suite d’une série de mouvements d’avancée et de recul on ait perdu le contact avec la dépouille d’Eugène qui a dû se décomposer sur place sans l’honneur d’une sépulture, à l’instar de près de 292.000 autres tués sur un total de 1.400.000 morts français de cette guerre. A noter les fréquentes inhumations provisoires à cette époque

Né à Albières le 12 janvier 1878, cultivateur, il a été mobilisé pour son service militaire en 1898. Il a été repéré pour ses qualités de bon soldat ce qui lui vaut d’être versé dans la coloniale et envoyé au Tonkin en guerre pendant 2 années. Il a été mis en disponibilité en septembre 1902.
Mobilisé à nouveau en août 1914, l’armée considérant ses antécédents coloniaux valeureux le rappelle dès le 5 août 1914 alors qu’il avait 37 ans et était père de 4 enfants (fait rarissime dans la mobilisation générale). La France est alors engagée dans la pacification du Rif marocain en accord avec l’empire chérifien et a besoin de troupes aguerries. Il a été envoyé à Taza (trou perdu du Rif), ou Il meurt le 20 août 1916, malade et dépressif. Il avait alors fait 4 ans de guerre héroïque.
On a pu retrouver le lieu de sa sépulture définitive au columbarium du cimetière de Ben M’SIK à Casablanca, au rang T4 emplacement 1404.

Né à Albières le 2 août 1889, cordonnier, il a été fait prisonnier en août 1914, meurt en captivité à l’hôpital forteresse d’Ulm, des suites de maladie, le 3 juillet 1916 à 26 ans.
Il a sa sépulture à la nécropole nationale de Sarrebourg.

Né à Albières le 14 juillet 1890, il est étudiant et sera tué à l’ennemi le 3 novembre 1914 devant Zonnebeck en Belgique.
Il sera inhumé à Ricaud dans l’Aude.

Né à Albières le 12 février 1881, cuisinier, incorporé dès août 1914, tué à Massiges le 25 septembre 1915.
Nous n’avons aucune indication de lieu de sépulture.

Né à Albières le 28 mai 1893, tailleur d’habits et frère d’Eugène, le début de la guerre le voit déjà incorporé depuis 1913.
Il est tué le 25 août 1914 et inhumé à la nécropole nationale de Roselieure.

Né à Albières le 22 mars 1891, meunier, incorporé depuis 1912, il est blessé en 1917 au poignet, puis il est tué à l’ennemi le 1°août 1918 à Grand Rozoy et enterré à la nécropole nationale Le Bois Roger.

Né à Albières le 19 août 1887, meunier, frère d’Adrien, incorporé dès le 5 août 1914, il meurt par intoxication au gaz le 5 octobre 1918.
il est enterré à la nécropole nationale de Marissel.

Né à Albières le 1°octobre 1897, frère d ’Adrien et Émile et comme eux meunier de profession. Il est incorporé en 1916. Décrit comme un bon soldat, courageux, il va être gravement blessé à Dickebash en Belgique le 14 juin 1918 et devra subir l’énucléation de l’œil gauche : ce qui lui vaudra une réforme avec médaille militaire et croix de guerre avec palme. Il sera décoré ultérieurement de la légion d’honneur à titre posthume. Cette blessure continuera à évoluer défavorablement s’étendra à l’œil sain et causera sa mort par infection le 17 juillet 1931.
Nous avons de nombreux témoignages sur sa vie civile par son fils Jacques et son cousin mon regretté ami Maurice Pistre.
Joseph, au sortir de l’armée, après sa réforme, fait une formation et passe un diplôme (brevet supérieur) puis fait des études. Il devient instituteur et épouse une institutrice audoise. Tous deux occuperont des postes dans la région. Nous avons là un cas exemplaire d’héroïsme et de résilience. J’ai eu deux entretiens téléphoniques avec son fils Jacques qui regrettait amèrement que le nom de son père ne figurât pas sur la plaque commémorative existante, alors qu’une cousine s’était engagée à faire des démarches dès 2018, je souhaite qu’il puisse constater que le nom de Joseph MIR figurera sur la nouvelle plaque.

Né à Albières le 25 février 1888, cultivateur, il est mobilisé dès le 2 novembre 1914.
Grièvement blessé il meurt de ses blessures à l’hôpital de Vaucouleurs le 24 octobre 1915, et sera inhumé dans la nécropole nationale de Commercy

Né à Albières le 12 septembre 1893, cultivateur, il était déjà incorporé dès 1913. Soldat décrit comme très courageux, il est promu caporal et meurt des suites de ses blessures le 20 mai 1916 à « l’ambulance » (c’est-à-dire un poste de secours, ou un hôpital de campagne) dans la commune de Bouy.
Il reçoit la médaille militaire à titre posthume et sera inhumé dans la nécropole nationale de La Crouée.

Né à Albières le 7 septembre 1881. Il meurt des suites de maladie contracté en service à l’hôpital de Bourgoin le 12 octobre 1918.
Le lieu de sépulture qui est obligatoirement connu de ses proches et en territoire français, n’a pu être déterminé dans notre recherche.

Né à Albières le 27 janvier 1884, il est cantonnier à Talairan, avant d’être mobilisé dès août 1914.
Classé comme un excellent et courageux soldat il devient vite sous-officier (caporal, puis sergent), il subit une première blessure le 2 septembre 1915 puis est gravement blessé au combat le lendemain à une fesse à Massiges, le 3 novembre 1915.
il subit avec courage une amputation dans des conditions précaires et meurt des suites de cette intervention d’une septicémie à l’hôpital de Chatelguyon le 7 décembre 1915.

Né à Albières le 19 août 1887, cultivateur, incorporé dès le 4 août 1914, il est tué à Laffaux le 21 avril 1917 et inhumé à la nécropole nationale de Vauxallion.

MORTS pour la France 1939 - 1945


Né à Albières le 11 mars 1913 il est engagé volontaire dans l’armée en 1931 et devient sous-officier de carrière dès 1937.
Il est fait prisonnier en 1940 (comme son frère Philippe et comme 1.800.OO0 de nos compatriotes) devant Troyes, interné dans un premier temps dans un stalag, puis condamné pour tentative d’évasion par la justice militaire allemande à un camp disciplinaire inhumain où il connait de graves privations physiques et psychiques qui auront un retentissement important sur sa santé, l’obligeant à faire valoir en 1946 ses droits à une retraite anticipée avec le grade d’adjudant-chef.
Il mourra de complications cardiaques et autres liées à ses conditions de captivité le 16 juin 1954.

MORTS pour la France 1870 - 1871



ALQUIE Pierre, BEDOS Jean Baptiste, RAYNAUD François, RAYNAUD Pierre, RIVIERE Pierre, SAUNIERE Jean Baptiste, VILLEFRANQUE Justin